Impacts de la Cigarette électronique (Chicha) sur la santé

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a surpris vendredi avec un jugement très sévère sur les cigarettes électroniques dans son rapport mondial sur le tabac, affirmant qu’on ne pouvait pas les recommander comme aide au sevrage. Une position trop tranchée aux yeux de certains experts de la lutte anti-tabac.

Caractéristiques de la cigarette électronique

Inventée en Chine par Hon Lik en 2006, la cigarette électronique (ou e-cigarette) est le nom générique désignant des générateurs d’aérosols dont la forme s’inspire de la cigarette. La cigarette électronique ou vapoteuse sert à délivrer de la fumée artificielle aromatisée contenant ou non de la nicotine. Ce dispositif électrique est destiné à « vapoter », c’est-à-dire aspirer de la vapeur obtenue par l’échauffement d’une solution liquide présente dans un flacon de recharge ou cartouche. L’emplacement du filtre contient une mèche ou un réservoir pour le liquide aromatique de substitution au tabac. Les recharges sont sous forme de flacons de « e-liquides » composés de propylène glycol ou de glycérol, de divers arômes et éventuellement de nicotine. Il existe aujourd’hui plus de 7 700 arômes différents. Les taux de nicotine des e-liquides pour cigarettes électroniques sont indiqués en mg/ml. Les dispositifs électroniques de vapotage peuvent être jetables ou rechargeables au moyen d’un flacon de recharge et d’un réservoir ou au moyen de cartouches à usage unique. Le principe est de provoquer par un chauffage doux (environ 60°C) un aérosol plus ou moins concentré en nicotine. Contrairement à la cigarette traditionnelle, pour laquelle la température du foyer peut atteindre 500 à 700 degrés, il ne s’agit pas d’une combustion.

Que contiennent les cigarettes électroniques?

Le vapotage consiste à inhaler des vapeurs créées par le chauffage à haute température d’un liquide à l’intérieur de la cigarette électronique.

Les liquides contiennent, la plupart du temps, de la nicotine. La nicotine est bien étudiée depuis des décennies: elle est addictive et elle affecte le développement du cerveau avant 25 ans, martèle le gouvernement américain.

En revanche, les cigarettes électroniques n’incluent pas de nombreuses substances cancérigènes que l’on trouve dans les cigarettes combustibles, comme le goudron.

Mais la vapeur contient des particules fines qui pénètrent les poumons. Il y a de « nombreuses substances potentiellement toxiques », a conclu un rapport des Académies américaines des sciences, publié en 2018 sur demande du Congrès, et qui a analysé l’ensemble des études publiées.

On y trouve notamment des métaux (nickel, plomb…), venant probablement de la bobine utilisée pour chauffer le liquide. Et des additifs considérés sûrs dans l’industrie agroalimentaire, mais liés à des maladies pulmonaires ou non étudiés sous leur forme vaporisée.

Il est possible que ces substances aient des effets toxiques à long terme sur les cellules du corps. Mais pour en avoir la certitude, il faudrait des études sur plusieurs décennies, qui n’existent pas encore.

La cigarette électronique est toxique pour les poumons

Les ingrédients aromatisants et additifs contenus dans les cigarettes électroniques peuvent augmenter altérer la fonction pulmonaire, selon de nouvelles recherches. L’étude, publiée dans l’American Journal of Physiology, a également révélé que l’exposition à court terme aux e-cigarettes était suffisante pour causer une inflammation pulmonaire similaire ou pire que celle observée avec la consommation traditionnelle de cigarettes. 

Les e-cigarettes distribuent une vapeur dérivée de produits chimiques liquides dans une cartouche rechargeable. Les recharges contiennent généralement du propylène glycol, de la nicotine et souvent des arômes. Le propylène glycol, un additif alimentaire incolore et inodore, se trouve dans de nombreux aliments et boissons transformés. Soumis à de strictes règlementations, il est également utilisé comme solvant dans de nombreux produits pharmaceutiques.

Les chercheurs ont étudié plusieurs groupes de souris qui ont été exposées quatre fois par jour à diverses combinaisons de produits chimiques. Chaque séance d’exposition était séparée par des intervalles de 30 minutes sans fumée.

Des risques de crises cardiaques, de maladies artérielles et de dépression

D’après une étude  présentée le 18 mars à une réunion du Collège américain de cardiologie, les vapoteurs sont bien plus nombreux que les non-vapoteurs à souffrir de maladies cardiaques et de dépression.

En exploitant  les questionnaires de près de 100.000 personnes auprès des Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) en 2014, 2016 et 2017, les chercheurs se sont aperçus que le taux de crises cardiaques était supérieur de 34% chez les utilisateurs de cigarettes électroniques, comparé à ceux qui n’en utilisaient pas. Ces personnes seraient aussi 25% de plus à souffrir de maladies artérielles et 55% de plus de dépression et d’anxiété. Les chercheurs n’ont cependant pas clairement établi de lien de cause à effet entre les maladies cardiovasculaires et le vapotage.

Des infections fongiques favorisées

Moins grave, mais tout de même peu ragoûtant, une étude rapportée le 31 janvier par Radio Canada, rapportait que l’inhalation de la vapeur produite par une cigarette électronique favoriserait la prolifération d’un champignon, le Candida albicans. Il est responsable d’infections de la bouche, comme le muguet buccal.

En plaçant des champignons ou des levures causant le muguet (présent naturellement dans la bouche de près de 60 % de la population) dans un dispositif simulant les conditions buccales d’une personne s’adonnant à deux séances de 15 minutes de vapotage quotidiennes, une équipe de scientifiques de la Faculté de médecine dentaire de l’Université Laval, au Québec, ont en effet mesuré un taux de croissance des levures deux fois plus élevé que celui des levures non exposées. Même en ne contenant pas de nicotine, la vapeur aurait causé une augmentation de 50 % du taux de croissance. Une réaction qui pourrait être due, selon l’auteur de l’étude interviewé par Radio Canada, aux sucres contenus dans les e-liquides.



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